Philosophie de cuisine parce que j'aime cuisiner et réfléchir au monde.
Cuisiner, une activité anti-féministe paraît-il... il semble que dans notre société "moderne" de pays "développés" cuisiner soit un verbe à bannir, une activité associée aux femmes soumises ou considérées comme "mémères".
J'aime être dans ma cuisine, y préparer des plats savoureux. j'aime le mélange d'odeurs et de couleurs. j'aime penser à ceux que je souhaite régaler. j'aime l'idée du partage, de la générosité, du bonheur associé au repas que nous prendrons tous ensemble.
J'aime cuisiner pour mon mari et mes enfants, mais j'aime aussi cuisiner pour recevoir des amis mais ce que je préfère par dessus tout, c'est ce temps spirituel passé dans ma cuisine. Ce moment seul avec moi-même où je peux laisser mon âme aller dans tous les sens, sans retenue ni censure... réfléchir à des théories, à des sagesses, à améliorer qui je suis et surtout à réfléchir encore plus loin. J'aime réfléchir au monde qui m'entoure, à l'actualité, aux relations entre humains. C'est aussi le moment choisi pour penser à tous les êtres chers, les présents et les absents. C'est un rituel, un moment important dans ma journée. Je suis une maman, une maman qui travaille aussi, mais nous essayons le plus possible d'aménager du temps pour préparer le repas du soir, transition entre la journée de travail et le repas à passer tous ensemble. Mais le temps de cuisine que je préfère parmi tous, c'est celui du dimanche matin. Les enfants jouent en général, font des bêtises aussi. chacun vit sa vie dans l'appartement et moi je suis derrière les fourneaux. j'aime.
J'aime mais ce n'est pas facile d'assumer être une femme qui aime cuisiner. Les réactions sont souvent les mêmes. Des hommes qui envient mon homme d'avoir une femme qui aime cuisiner et préparer des bons petits plats. Des femmes qui exposent un discours féministe que je trouve rétrograde. Non, la femme n'est pas un homme en talons hauts qui doit se battre pour être l'égale à tous prix de l'homme. La femme est féminine et quand elle assume cette féminité elle peut alors sublimer sa condition de femme et être acceptée en tant que telle. Même en cuisinant. Je n'ai pas l'impression de ressembler à mes grands-mères quand je suis derrière mes fourneaux avec mon tablier rose bonbon ultra kitch. et quand bien même, j'en serais je pense très fière. Mes grands-mères sont des femmes que j'admire beaucoup. Je n'ai pas l'impression de nuire à la condition de la femme ni de nuire à son image quand je cuisine, au contraire, je suis convaincue d'apporter des valeurs justes et saines à mes enfants. Respecter la terre en ne consommant pas de plats préparés issus de l'industrie agro-alimentaire. Apprendre qu'avec peu de choses on peut préparer un plat délicieux. Apprendre qu'il est rapide et facile de préparer un gâteau succulent sans huile de palme ni exhausteur de goût ni colorant ni emballage superficiel. Apprendre les noms des fruits, des légumes, de la viande, les aromates, les plantes... apprendre la patience, la créativité, l'improvisation, la confiance en soi, le bonheur d'un repas familial et convivial.
Quand je cuisine, je me sens bien. Je n'ai pas besoin de cours de yoga, reiki ou de sophrologie, mon heure de méditation est dans ma cuisine. Nul besoin d'aromathérapie, les odeurs s'échappant du four m'enivrent et m'apaisent.
Quand je cuisine, je me sens femme. Et j'aime ça!
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